En bref. Oui, vous pouvez faire vos fiches de paie vous-même : c'est légal et la responsabilité reste la vôtre, cabinet ou pas. Ce qui pose problème, ce n'est pas le bulletin, c'est tout ce qu'il y a autour : les taux qui changent, votre convention collective, le prélèvement à la source et la DSN à transmettre chaque mois. Un tableur ne sait pas faire la DSN.
Est-ce légal de faire ses fiches de paie soi-même ?
Oui. Le Code du travail impose à l'employeur de remettre un bulletin de paie à chaque versement de salaire, avec des mentions obligatoires. Il n'impose pas de le faire établir par un professionnel. Que vous fassiez la paie vous-même ou que vous la confiiez à un cabinet, c'est vous, l'employeur, qui en êtes responsable devant le salarié et devant l'Urssaf.
Ce que « faire sa paie » veut dire, chaque mois
- Calculer le brut : salaire de base, heures supplémentaires, absences, primes, congés payés.
- Appliquer les cotisations : santé, retraite de base et complémentaire, chômage, CSG et CRDS, avec les taux et le plafond de la Sécurité sociale de l'année (4 005 € par mois en 2026), et la réduction générale des cotisations patronales.
- Respecter votre convention collective : salaires minima, primes, prévoyance, parfois une caisse de congés payés, comme dans le bâtiment.
- Retenir le prélèvement à la source, au taux transmis par l'administration fiscale.
- Éditer le bulletin avec ses mentions obligatoires.
- Transmettre la DSN, la déclaration sociale nominative, et payer les cotisations. Elle est due chaque mois, le 5 ou le 15 du mois suivant selon la taille de l'entreprise.
Les étapes 2 et 6 sont celles où l'on se trompe. Les taux changent au 1er janvier, parfois en cours d'année, et 2026 en est l'exemple : la réduction générale a été entièrement refondue, les taux réduits de cotisations maladie et allocations familiales ont disparu, et le SMIC a été revalorisé au 1er juin.
Les quatre façons de faire
| Méthode | Coût | Bulletin | DSN | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| Tableur ou modèle | Gratuit | Calcul manuel | Non | À éviter dès le premier salarié |
| TESE (Urssaf) | Gratuit | Oui | Oui | Paie simple, peu de salariés |
| Logiciel de paie | Abonnement | Oui, taux à jour | Oui | TPE et PME qui veulent garder la main |
| Cabinet ou expert-comptable | Le plus élevé | Oui | Oui | Dirigeants qui veulent tout déléguer |
Le tableur : la fausse bonne idée
Un modèle Excel donne une fiche de paie présentable, mais c'est vous qui cherchez et appliquez chaque taux. Surtout, il ne produit pas la DSN, qui reste obligatoire. Au premier changement de taux oublié, l'erreur se répète sur tous les bulletins suivants.
Le TESE, l'offre gratuite de l'Urssaf
Le Titre emploi service entreprise calcule les cotisations, édite les bulletins et fait les déclarations à votre place. C'est une bonne solution pour une paie simple. Depuis le 1er janvier 2026, il peut même être utilisé pour une partie seulement de vos salariés (source net-entreprises.fr). Ses limites apparaissent quand la paie se complique : conventions collectives particulières, primes variables, plusieurs établissements. Et il ne fait que la paie : vos factures, votre TVA et votre trésorerie restent ailleurs.
Le logiciel de paie
C'est le bon compromis pour une TPE ou une PME : les taux sont mis à jour par l'éditeur, la convention collective est paramétrée une fois, et la DSN est générée à partir des bulletins. Vous gardez la main sur vos données et vos délais, pour un coût bien inférieur à celui d'un cabinet.
Le cabinet
Vous déléguez tout, y compris le conseil. C'est la solution la plus confortable, et la plus chère. Le cabinet s'arrête souvent au bulletin et à la DSN : les congés, les plannings ou les notes de frais restent à gérer de votre côté.
Les risques d'une paie mal faite
- Un rappel de salaire : le salarié peut réclamer les sommes dues sur les trois dernières années.
- Un redressement Urssaf en cas de cotisations mal calculées, avec majorations de retard.
- Des pénalités DSN en cas de retard ou de salarié oublié dans la déclaration.
- Une relation abîmée avec un salarié qui découvre une erreur sur sa fiche de paie.
Les mentions obligatoires du bulletin
Parmi les principales (article R3243-1 du Code du travail) : l'identité de l'employeur et son numéro SIRET, la convention collective applicable, le nom et l'emploi du salarié, la période et le nombre d'heures payées, le salaire brut, les cotisations salariales et patronales, le montant net social, le prélèvement à la source, le net à payer et la date de paiement. L'employeur conserve un double des bulletins pendant cinq ans. Le bulletin peut être remis sous forme électronique, sauf si le salarié s'y oppose.
Pour vérifier un bulletin ligne par ligne, voir notre guide comment lire une fiche de paie. Pour estimer un salaire avant d'embaucher : le simulateur brut en net 2026.
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Article à jour au 28 octobre 2026. Il présente les règles générales ; votre convention collective peut prévoir des dispositions particulières.